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Au temps des lavoirs et des lavandières

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L'eau "courante" est arrivée en 1938 à Bazainville.

Avant cette année-là, pas question de robinets d'eau froide ou chaude dans les cuisines ou les salles de bains, ni de chasse d'eau dans les toilettes, ni de machines à laver le linge ou la vaisselle.

Chaque maison possédait son puits et sa pompe. Il y avait aussi des pompes dans les rues du village. Pour la cuisine, la toilette, la lessive on devait pomper ou puiser de grandes quantités d'eau.

Il était alors plus facile pour la lessive, d'aller laver et rincer son linge aux lavoirs, alimentés par des sources.

​Il y en avait trois à Bazainville : un Rue de la Fontaine, un au Lièvre et un autre à

Gaudry sur la route de Richebourg.

 

La veille du jour de lessive on mettait le linge sale à tremper. Le lendemain on le faisait bouillir dans une lessiveuse de zinc posée sur un fourneau.

Quel amusement pour les enfants de regarder le champignon de la lessiveuse déverser par intermittence de petits jets d'eau bouillante qui venaient arroser le linge.

Quand le linge avait bouilli au moins une heure avec de la lessive et parfois un sachet de rhizomes d'iris séchés (dont se dégageait l'irone, parfumant délicatement le linge), on le laissait un peu refroidir, puis on chargeait la brouette : On y mettait le linge, la brosse à laver en racines de chiendent, le morceau de savon de Marseille, la petite bouteille d'eau de javel, le battoir et la boîte à laver en bois, garnie à l'intérieur d'un petit coussin douillet pour protéger les genoux de la lavandière. (Sous le coussin on glissait parfois, en hiver, une petite fiole de goutte pour se donner du courage).

 

Dès leur arrivée, les lavandières prenaient place autour du lavoir, installaient leur boîte à laver et s'y agenouillaient.

Chaque pièce de linge était étalée sur la planche, savonnée, brossée, rincée dans l'eau du lavoir, "étalée, savonnée, brossée, rincée"... plusieurs fois. Pendant ce travail long et pénible les bavardages allaient bon train... Pas de Bazainville Infos à cette époque et le lavoir était l'endroit idéal pour connaître toutes les nouvelles du village.

Chaque villageoise lavait le linge de sa famille, mais les commerçantes, les gens aisés, les gens âgés ou malades faisaient appel à des "laveuses professionnelles". Quelques uns d'entre nous se souviennent de Georgette, poussant sa brouette lourdement chargée dans les rues de Bazainville, lavant le linge au lavoir tous les jours de l'année, bravant le froid, la pluie ou la chaleur.

 

Les lavoirs sont restés, un peu abandonnés, un peu délabrés. Ce ne sont plus des lieux de rencontre, mais nous pensons à leur redonner vie pour qu'ils deviennent d'agréables lieux de promenade et l'image de notre patrimoine.

 

 

M.C. VERGEZ

(Bazainville info n°52, déc. 2001, janvier 2002, Bazinf'autrefois)

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