
Parcours découverte
Août 1944 : l'arrivée des américains
Les 17 premiers jours du mois d'août 1944, furent une horreur à Bazainville :
Le 6 août, treize personnes furent arrêtées par la Gestapo, à la ferme du Franc Moreau. Parait-il qu'ils montaient un réseau de résistance ? Ils furent déportés en Allemagne dans les camps de concentration. Onze laissèrent leur vie dans les chambres à gaz, deux en sont revenus, libérés par les Alliés peu avant leur mort. Comment ont-ils été dénoncés ? Mystère.
Le 17 août, vers 13 heures, parti aux nouvelles dans le bourg, étant chez des amis qui restaient dans la maison qui donne sur la place de l'église, j'appris que les Américains étaient à Goussainville. On causait, quand un SS allemand, armé d'une mitraillette, entra et nous braqua. Puis il sortit et on le vit entrer chez Madame Delaitre, épicière de l'époque. Il en ressortit 5 minutes plus tard, le casque sous le bras, dans lequel il avait entassé du ravitaillement volé. Sur la place, il lâcha une rafale de mitraillette en direction de la Mairie, blessant Claude Fléchet qui, perché à sa fenêtre, eut le bras éraflé par une balle. Etant rentré en vitesse chez mes parents, rue Picarde, on entendait des rafales par moment, puis il y eut des grésillements et de la fumée ; Ils avaient incendié le Château, dont il ne restera que les 4 murs. Ils avaient incendié la maison, rue du Prieuré, qui fût éteinte par les pompiers de Bazainville et leur pompe à bras, et aidés par la population, puis, leur mission accomplie, ils allèrent donner un coup de main aux pompiers de Houdan, aux prises avec l'incendie du château.
Le 18 août vers 10h30, 2 ou 3 coups de canon retentirent sur la R.N.12, les Américains arrivaient, et on sut qu'ils avaient riposté à des soldats allemands qui leur avaient tiré dessus. Trois Allemands furent tués.
La colonne américaine de chars, stationna au relais du pavé de 11h jusque vers 16h, puis ils partirent par Bazainville vers Orgerus. Les anciens qui avaient combattu en 1914 -1918, et n'avaient vu que des chars à chenilles, voyaient pour la première fois des chars sur pneus, ils étaient stupéfaits. On avait dit que la 2ème DB du Général Leclerc arrivait, il y avait du monde à l'attendre, puis après 17h, quelqu'un dit "Les Allemands sont dans la plaine, sauve qui peut", quelle panique ! En courant, tout le monde remonta à Bazainville, les drapeaux qui étaient posés, furent arrachés. Puis, à la poste, les gens présents virent arriver un américain en moto qu'ils arrêtèrent, puis, par signes, lui firent comprendre de faire attention. Il repartit en direction de Richebourg et, au cimetière, il blessa mortellement deux Allemands qui se sauvaient dans les champs.
Puis, après le 18 août, silence complet, aucune nouvelle, rien. Puis on apprit qu'une colonne allemande était revenue jusqu'à la gare de Montfort-Méré, et que là ils avaient ramassé 6 ou 7 hommes qu'ils fusillèrent. Quand vous montez sur Paris, par la route 300 mètres après la gare, sous le panneau Jouars Pontchartrain, il y a un monument à leur mémoire. Puis le 25 août, Paris fut libéré par le Général Leclerc, qui passa plutôt du côté de la Vallée de Chevreuse. Ouf de soulagement, joie, c'est comme cela qu'on sut qu'on était vraiment libérés.
Il y a 60 ans, le temps tourne.
(Bazainville info n° 69, octobre 2004)